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2ème mois de grossesse : je suis malaaade Au travail je crois que toutes les filles ont compris : elles ont pas l’habitude de me voir dans cet état, et les rumeurs vont bon train ! Du coup, j’annonce la nouvelle au patron, avant qu’il ne l’apprenne par quelqu’un d’autre. Grosse surprise, il s’emplit d’émotions et me félicite, avec une réelle sincérité. Je suis bien soulagée. En réalité, je commence à avoir peur… Comment être une bonne maman ? Dois-je allaiter ? S’il pleure, dois-je le prendre dans mes bras ou le laisser pleurer ? Comment m’organiser ? Et ma vie de femme ? Ma vie de couple ? On va devoir trouver un appartement. Pourquoi tout le monde me dit “tu verras, rien ne sera plus comme avant” ou encore “fini les grasses matinées” sur un ton sarcastique ? J’ai besoin de savoir, de tout contrôler, de tout anticiper… je me sens tellement en-dehors des événements. Alors un jour, je dévalise le rayon “puériculture” de la Fnac. J’emporte avec moi une dizaine de livres. Je les dévore tous. Chacun d’eux me rend plus inquiète. Jamais je ne m’en sortirai, c’est impossible. Les nuits sans sommeil, la mine défaite, se sentir moche, plus de câlin au lit, bébé qui vomit, la stérilisation, les poussettes encombrantes, laver bébé, le changer plusieurs fois par jours, le crémer. Et ça continue : trouver la nounou, trouver la crèche, gérer les remarques de l’entourage, “ne le tiens pas comme ça”, “tu devrais le laisser pleurer”, gérer le boulot, acheter encore des couches, où est passée la tétine, il n’a plus de pyjama propre… Aucun de tout ces livres ne me raconte où est la joie d’avoir un enfant. Tous ces gestes techniques et cette organisation digne d’un esclave me rendent aveugle. Aveugle à la magnificence de ce qui se trame dans mes entrailles. Donner la vie.
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